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Reiki et cancer : ce que dit la recherche sur l'accompagnement en oncologie

  • Photo du rédacteur: Marine Baudin
    Marine Baudin
  • 29 juin
  • 6 min de lecture
⚠️ Avertissement important. Le Reiki ne diagnostique pas, ne traite pas et ne guérit pas le cancer. Il ne se substitue à aucun traitement médical, protocole oncologique ou suivi spécialisé. Tout ce qui est décrit dans cet article s'inscrit exclusivement dans le cadre des soins complémentaires — c'est-à-dire des approches qui accompagnent les traitements conventionnels sans jamais les remplacer.

Introduction

Un diagnostic de cancer bouleverse une vie. Les traitements — chimiothérapie, radiothérapie, chirurgie — aussi. Bien qu'efficaces, ils en sont néanmoins éprouvants.

Fatigue intense, nausées, douleurs, anxiété, troubles du sommeil : les effets secondaires sont réels et affectent profondément la qualité de vie des patients.

C'est dans ce contexte que de plus en plus de patients se tournent vers des approches complémentaires. Et que des équipes médicales, dans le monde entier, commencent à les intégrer officiellement à leurs parcours de soins.

Le Reiki fait partie de ces approches.


En tant que Maître Reiki et naturopathe, je reçois régulièrement des personnes engagées dans un parcours oncologique, ou en rémission.

Je veux ici vous donner une lecture documentée de ce que la recherche dit — et de ce qu'elle ne dit pas.


Ce que dit la recherche : des résultats encourageants sur les symptômes


La recherche sur le Reiki en oncologie s'est un peu développée ces dernières années. Les études ne portent pas sur la maladie elle-même, mais sur la qualité de vie des patients et la gestion des symptômes liés aux traitements.


L'étude de référence : University Hospitals of Cleveland (2025)

L'étude la plus solide et la plus récente est celle menée entre 2022 et 2024 dans deux centres de chimiothérapie des University Hospitals of Cleveland, publiée en mars 2025 dans le Journal of Pain and Symptom Management.

392 séances de Reiki ont été prodiguées à 268 patients uniques recevant des perfusions de chimiothérapie. Chaque séance durait 15 à 20 minutes. Les patients évaluaient leurs symptômes avant et après via le système d'évaluation des symptômes d'Edmonton (ESAS), sur une échelle de 0 à 10.

Résultats — améliorations cliniquement significatives observées sur :

  • La douleur : −1,78 point (sur 10)

  • La fatigue : −1,33 point (sur 10)

  • L'anxiété : −2,09 points (sur 10)

  • Les nausées : −2,30 points (sur 10)

  • Le bien-être général : +1,37 point (sur 10)


Deux revues systématiques en oncologie

Une revue systématique publiée en 2024 dans Holistic Nursing Practice (Bayülgen, 2024) a spécifiquement investigué l'effet du Reiki sur la fatigue des patients atteints de cancer, avec des résultats positifs.

Une autre revue systématique (Avci & Gün, 2023), portant sur sept études incluant 572 patients atteints de cancer, a conclu que le Reiki avait un effet positif sur la gestion de la douleur en oncologie.


Reiki et cancer: les limites de ces résultats

Ces résultats sont encourageants, mais la recherche en est encore à ses débuts. Les échantillons restent petits, les méthodologies varient, et les mécanismes d'action ne sont pas encore compris. Ce que la recherche montre, c'est un effet sur les symptômes et la qualité de vie — pas sur la maladie elle-même.


Des hôpitaux qui l'intègrent : un mouvement mondial


Ce qui est peut-être plus parlant encore que les études, c'est le nombre d'établissements médicaux sérieux qui ont choisi d'intégrer le Reiki dans leurs soins. Ces décisions ne sont pas prises à la légère : elles impliquent des comités médicaux, des protocoles d'évaluation, et une logique de responsabilité envers les patients.


🇺🇸 États-Unis — le mouvement le plus avancé

Le Dana-Farber Cancer Institute de Boston — l'un des centres oncologiques les plus renommés au monde — propose le Reiki gratuitement à tous ses patients via son Zakim Center for Integrative Therapies, aux côtés de l'acupuncture et du massage.

L'University Hospitals Connor Whole Health de Cleveland a développé un programme structuré de bénévoles Reiki en oncologie ambulatoire, étendu aux hospitalisés en avril 2025, encadré par des professionnels de santé formés au Reiki.

Penn Medicine, Columbia University Hospital, Yale New Haven Children's Hospital font également partie des institutions américaines qui proposent le Reiki en soins complémentaires.


🇬🇧 Royaume-Uni — intégré dans le NHS

Le Guy's and St Thomas' NHS Foundation Trust de Londres — l'un des plus grands hôpitaux publics britanniques — propose le Reiki via son service Dimbleby Cancer Care, aux côtés de l'acupuncture, de la réflexologie et de l'aromathérapie.

L'Imperial College Healthcare NHS Trust de Londres intègre également le Reiki dans son service oncologique, notant qu'il est « de plus en plus populaire parmi les centres de thérapie du cancer pour l'effet qu'il peut avoir sur l'état émotionnel des patients ».


🇨🇦 Canada — reconnu en français

La Société canadienne du cancer reconnaît officiellement le Reiki comme « technique japonaise de relaxation et de réduction du stress » dans sa liste de thérapies complémentaires pour les patients atteints de cancer, disponible en français sur cancer.ca.

Au Québec, des associations comme l'OQPAC (Organisation québécoise des personnes atteintes de cancer) intègrent le Reiki dans leurs ateliers d'accompagnement pour patients en oncologie.


🇧🇪 Belgique — des initiatives citoyennes pionnières

En Belgique, plusieurs collectifs de bénévoles ont ouvert des portes dans les hôpitaux. L'association Covibrations intervient chaque semaine dans le service oncologie-hématologie de l'hôpital de Nivelles et à l'hôpital Jolimont de La Louvière. Témoignage patient : « Le Reiki ne va pas enlever la tumeur ou guérir, mais va contribuer au bien-être. »

En 2022, le CHwapi de Tournai avait également accueilli des bénévoles Reiki en oncologie et soins palliatifs, avec le soutien de l'infirmière responsable du service. L'expérience a été arrêtée après quelques mois suite à des décisions de direction — mais elle illustre que le mouvement existe, y compris en Europe francophone.


🇨🇭 Suisse — la reconnaissance la plus avancée en Europe

La Suisse est probablement le pays européen où le Reiki bénéficie de la reconnaissance institutionnelle la plus élaborée. La Fondation ASCA (Fondation pour la reconnaissance et le développement des thérapies alternatives et complémentaires) délivre depuis 1991 des labels de qualité aux thérapeutes Reiki, reconnus par de nombreuses caisses maladie complémentaires suisses.

C'est une donnée significative : quand une assurance rembourse une pratique, c'est qu'elle a été évaluée et jugée compatible avec une logique de soins sérieux.


Et en France ?

En France, le système hospitalier n'intègre pas formellement le Reiki — contrairement à la méditation de pleine conscience, à l'hypnose ou à la sophrologie, qui ont trouvé leur place dans certains établissements.

Des initiatives existent cependant, portées par des praticiens indépendants qui interviennent bénévolement dans des structures de soins de support et de soins palliatifs. En Gironde notamment, des praticiens comme ceux de Reiki Solidaire proposent des soins hebdomadaires dans des maisons d'accompagnement et des hôpitaux de jour.

Le mouvement de la médecine intégrative progresse aussi par des voies institutionnelles : l'Institut Rafaël du Pr Toledano et l'école Mû Médecine de Cloé Brami contribuent à élargir la place des pratiques complémentaires dans le parcours de soin, même si le Reiki n'y est pas explicitement proposé à ce stade.

La France avance. Plus lentement que le Royaume-Uni ou les États-Unis. Mais elle avance.


Ce que le Reiki ne fait pas — une clarté indispensable

Il est essentiel de le dire clairement, parce que des promesses excessives feraient plus de mal que de bien.

  • Le Reiki ne traite pas le cancer.

  • Le Reiki ne remplace aucun traitement médical.

  • Le Reiki ne doit jamais être présenté comme une alternative à la chimiothérapie, la radiothérapie ou la chirurgie.

  • Le Reiki ne guérit pas.

Ce que le Reiki peut faire, c'est offrir un espace de relâchement profond dans un moment de vie particulièrement éprouvant. Réduire l'anxiété. Atténuer la perception de la douleur. Aider à retrouver un sommeil plus réparateur. Redonner une sensation de présence à soi, dans un corps que les traitements mettent à rude épreuve.

C'est déjà beaucoup.


Ce que je propose, et comment je travaille

Si vous êtes engagé.e dans un parcours oncologique — en traitement, entre deux séances, ou en rémission — je vous accueille dans un cadre bienveillant, sans jugement, et toujours en complémentarité avec votre équipe médicale.

Je travaille en lien avec les soignants lorsque cela est possible. Je ne formule jamais de promesses thérapeutiques. Je respecte strictement le champ de ma pratique.

Si vous souhaitez en parler, je vous propose un appel découverte gratuit de 20 minutes.



Sources et références

Études scientifiques (DOIs vérifiés)

  • Dyer, N.L., Rodgers-Melnick, S.N., Fink, K.E., Rao, S., Surdam, J. & Dusek, J.A. (2025). Evaluation of a Reiki Volunteer Program within Two Cancer Infusion Centers. Journal of Pain and Symptom Management, 69(3), e211–e219. DOI : 10.1016/j.jpainsymman.2024.11.017

  • Bayülgen, M.Y. (2024). The Effect of Reiki on Fatigue Symptoms of Cancer Patients: A Systematic Review. Holistic Nursing Practice, 40(2), 96–104. DOI : 10.1097/HNP.0000000000000664

Références institutionnelles (sources vérifiées directement)


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